Novembre 2026.

Notes #1

Continuer à créer dans un monde agité.

Nous traversons une actualité intense ces derniers temps, intense et plutôt anxiogène. La violence est omniprésente et les incertitudes aussi. Créer dans ce contexte n’est pas chose aisée, on peut se sentir paralysé ou alors se questionner sur la pertinence de son travail dans un tel climat.

Comme beaucoup d’artistes avec qui j’ai pu échanger, je m’interroge sur le rôle que nous pouvons, ou que nous devons, jouer en tant qu’artistes.

Notre travail doit-il nécessairement exprimer notre révolte ?

Je m’attache à peindre des sujets souvent intimes, qui accordent une place importante aux petites choses, à ce que, à mon sens, on ne regarde pas assez.

Cela a toujours été une manière de me protéger du tumulte, sans pour autant me désintéresser de ce qui m’entoure. Cette façon de regarder le monde participe à mon équilibre.

Je peins d’abord pour moi, mais non sans l’espoir de rendre le monde qui m’entoure un peu plus attentif.

Face à une actualité qui réclame toute notre attention, je ressens d’autant plus le besoin de continuer à accorder du temps à ce qui passe souvent inaperçu, comme pour y bâtir un espace de silence au milieu des cris.

L’art peut être le reflet du monde tel qu’il est, mais aussi de ce qu’on aimerait qu’il soit. Je crois que mon travail se situe davantage dans cette deuxième approche.

Et si continuer à créer, malgré le contexte difficile, constituait déjà une forme de résistance ?

Non pas parce que la peinture apporte une réponse aux événements, mais parce qu’elle affirme qu’il reste encore une place pour autre chose.

Pour ne pas laisser la violence du monde occuper toute la place.

Continuons de produire, essayons de ne pas nous laisser paralyser par ce contexte, essayons de nourrir notre pratique avec le monde qui nous entoure, continuons à faire à notre manière, luttons !

Novembre 2026